Le dispositif couleur proposé par le gouvernement a été testé par l’UFC-Que Choisir(Union Fédérale des Consommateurs – Que Choisir). Les résultats obtenus apparaissent plutôt surprenants. Ils ont convaincu l’association UFC de l’ efficacité de ce nouveau dispositif.

Ainsi, un pavé de colin "Weight Watchers" (produit de régime) a obtenu un moins bon score nutritionnel que des paupiettes de veau "Marie". ©

Il paraît surprenant qu’un cassoulet en boite soit aussi équilibré qu’une pomme, du 0% au même niveau qu’un produit lambda. C’est ce que révèle une étude UFC-Que Choisir, qui teste la proposition gouvernementale de nouvel étiquetage nutritionnel simplifié (par code couleur) des produits transformés.

Bonne répartition des produits par couleur

Ce nouveau dispositif, comporte cinq niveaux de couleurs - du vert pour les produits les plus équilibrés au plan nutritionnel, au rouge, en passant par des niveaux intermédiaires (jaune, orange et rose) - "va permettre de mettre à mal un certain nombre d’idées reçues", a déclaré mardi Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir.

Le score nutritionnel des aliments est ainsi évalué à partir des teneurs en éléments nutritionnels négatifs et positifs d’un point de vue de santé publique (calories, sucres simples, graisses saturées, sel, fibres, fruits et légumes, protéines). Il permettrait de la sorte de répartir les aliments en 5 classes sous la forme d’une échelle de couleur (vert, jaune, orange, rose fuschia, rouge), couplée à des lettres (A/B/C/D/E) afin de lui assurer une plus grande lisibilité des étiquettes nutritionnelles.

"Les produits les plus équilibrés au plan nutritionnel ne sont pas forcément ceux que l’on pense", a-t-il expliqué. Ajoutant qu’un tel dispositif par couleur constituerait un "antidote simple et efficace contre le marketing alimentaire" mis en place par les industriels. L’association de consommateurs a testé "dans la vraie vie" la proposition de la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui prévoit dans un projet de loi devant être examiné mi-mars, de créer un étiquetage plus simple pour les produits transformés afin de lutter plus efficacement contre l’obésité. L’UFC a réalisé une simulation d’étiquetage sur 300 produits de consommation courante, ciblés sur les principaux repas de la journée (petit déjeuner, déjeuner/dîner, goûter).

RÉSULTAT. L’étude conclut que ce nouveau système semble bien fonctionner. "C’est un outil véritablement informatif, qui permet de voir d’un seul coup d’œil la qualité nutritionnelle d’un produit" et de sortir de l’étiquetage actuel trop complexe, basé sur une présentation chiffrée des différents nutriments (glucides, lipides,protéines…) pour 100 grammes, ajoute-t-il. En outre, il permettrait de "déjouer les techniques marketing consistant à arborer des réductions flatteuses de sel et de matières grasses ou encore à monter en épingle tel ingrédient valorisant pour conférer une image nutritionnellement correcte", explique l’UFC.

Avec à la clé, tout de même quelques conclusions surprenantes. Ainsi, sur la catégorie des céréales du petit déjeuner, le code couleur montre que la grande majorité des produits (73%) se situent en orange. Et cela vaut aussi bien pour des céréales "Kellogg’s Spécial K", portant sur leur paquet "seulement 1,5% de matières grasses" ou Nestlé "Fitness", suggérant par son appellation être bon pour la santé, que pour des céréales "Smacks" sans mention particulière. De la même façon, des yaourts Taillefine "0% de matière grasse, 0% de sucres ajoutés", se retrouvent au même niveau nutritionnel (jaune) qu’un yaourt ordinaire. Et un pavé de colin "Weight Watchers" (un produit de régime avec ses "1,3% de matières grasses") serait étiqueté en jaune alors que les paupiettes de veau "Marie" ou que le cassoulet mitonné "William Saurin", apparaissent, eux, en vert.

Ce nouvel étiquetage ne se ferait que sur la base du volontariat, puisque le règlement européen interdit de le rendre obligatoire. Toutefois cette proposition se heurte à une farouche opposition des industriels de l’agroalimentaire.

Pour aller plus loin :

http://www.eufic.org/article/fr/artid/Etiquetage-nutritionnel-obligatoire-en-Europe/

Publié par philippe




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